Histoire De Bourgogne Collegiale Julien PiffautHistoire De Bourgogne Collegiale Julien Piffaut
©Histoire De Bourgogne Collegiale Julien Piffaut|Studio Piffaut
Histoire de Bourgogne Pourquoi Beaune est-elle devenue le cœur battant du duché ?

Pourquoi Beaune est-elle la capitale médiévale de l’histoire de Bourgogne ?

L‘histoire de la Bourgogne s’offre à vous dès que vous franchissez les portes de Beaune. C’est un véritable voyage dans le temps vers une époque de splendeur.

Poussez les portes de la ville, et plongez dans une époque fascinante où chaque pierre raconte une histoire. Derrière ses remparts intacts, Beaune n’est pas seulement une cité médiévale : elle incarne une identité forte.

Elle nous rappelle ces temps glorieux où l’influence, la richesse et l’art des ducs de Bourgogne rayonnaient au-delà des frontières du royaume de France.

L’histoire de Bourgogne, du royaume au duché

L’histoire de Bourgogne est un véritable roman de cape et d’épée. Avant d’être le duché que nous connaissons, la Bourgogne fut un royaume burgonde, puis une terre carolingienne convoitée.

D'Alésia à l’an mil

Bien avant les Ducs de Bourgogne, la région était déjà le théâtre d’événements fondateurs.  C’est à Alésia, à seulement une heure de Beaune, que Jules César scella le destin de la Gaule. Non loin de là, le Mont Beuvray témoigne encore de la grandeur éduenne. Ce peuple, le plus puissant de la Gaule bourguignonne appelé les Éduens était un allié privilégié de Rome et le maître de la riche cité de Bibracte. Plus tard, des figures comme Charles Martel ou Hugues Capet ont foulé le sol bourguignon. Un territoire prisé puisque celui qui tient la Bourgogne, tient la zone de passage stratégique entre le nord et le sud de l’Europe.

La naissance d’une lignée prestigieuse

L’ascension de Beaune commence réellement avec les premiers ducs capétiens, comme Eudes de Bourgogne ou Hugues III. Cependant, c’est avec la dynastie des Valois que Beaune va briller. Des personnages comme Robert le Pieux avaient déjà posé les bases d’une administration solide, mais ce sont les “Grands Ducs d’Occident” qui vont faire de Beaune leur joyau.

Le génie de Nicolas Rolin et Guigone de Salins

L’Hôtel-Dieu ou le “Palais des Pôvres”

S’il est un monument qui justifie à lui seul le titre de capitale médiévale, c’est bien l’Hôtel-Dieu des Hospices de Beaune. Fondé en 1443, ce bâtiment est le témoin d’une époque où la charité chrétienne rencontrait le faste princier.

La vision de Guigone de Salins et Nicolas Rolin

Au XVe siècle, la Bourgogne sort exsangue de la guerre de Cent ans. La famine et les écorcheurs ravagent les campagnes. Nicolas Rolin, chancelier du Duc Philippe le Bon, et sa troisième épouse, Guigone de Salins, décident de créer un hôpital pour les pauvres.

Si la paix d’Arras réconcilie Bourguignons et Armagnacs en 1435, elle n’arrête pas pour autant les hostilités contre les Anglais. Dans cette confusion, des bandes de soldats, surnommées les Écorcheurs, se livrent aux pires exactions et pillages à travers le pays.

Afin d’honorer Dieu, il fallait montrer de la splendeur. C’est alors que Nicolas Rolin fit appel aux meilleurs artisans pour créer des pièces d’exception comme l’Hôtel Dieu, un Palais des Pôvres, ou le polyptyque du Jugement Dernier commandé à Rogier van der Weyden.

Un chef d’œuvre d’architecture médiévale, avec ses lucarnes, ses girouettes dorées et l’utilisation du gothique flamboyant, le tout pour permettre de soigner les plus nécessiteux, au même titre que l’aristocratie.

À l’époque, il était coutume de dire que la beauté aidait à la guérison. Au Moyen-Âge, les seigneurs étaient soignés à leur domicile, ce n’est qu’au 17ème siècle qu’ils furent soignés à l’Hôtel-Dieu. L’édifice permettait aux plus pauvres de bénéficier de soins à hauteur des plus nobles.

Les toits de tuiles vernissées : un symbole éternel

Pourquoi ces toits colorés ? Au-delà de l’esthétique, ils étaient un véritable signe de richesse. D’abord réservées aux grandes cathédrales puis aux résidences princières, ces toitures se sont ensuite ouvertes à la riche bourgeoisie urbaine. Ces tuiles en terre cuite émaillées, dessinant des motifs géométriques, sont devenues l’emblème de la Bourgogne.

Le soin des corps et le salut des âmes

Au Moyen-Âge, la foi n’est jamais loin de la médecine. Dans la Grande Salle des Pôvres, les malades reposent dans des lits clos, tous tournés vers l’autel. Le célèbre polyptyque du Jugement dernier de Rogier van der Weyden était ouvert face aux patients pour leur rappeler que la vie terrestre n’est qu’un passage. C’est cette dualité entre soin du corps et spiritualité qui rend l’Hôtel-Dieu si fascinant.

La Collégiale Notre-Dame ; la “fille de Cluny”

Si l’Hôtel-Dieu est le bras séculier et charitable de Beaune, la Collégiale Notre-Dame en est le cœur spirituel.

Une architecture romane tardive

Édifiée au XIIe siècle, la Collégiale est souvent surnommée la « fille de Cluny ». Son architecture s’inspire directement de la grande abbaye de Cluny (Saône-et-Loire), qui rayonnait alors sur toute la chrétienté. En entrant, on est frappé par la hauteur des voûtes et la puissance des piliers, typiques de l’art roman bourguignon, qui cherchait à élever l’esprit vers le ciel.

Le trésor des tapisseries de la Vie de la Vierge

Pour les amateurs de détails historiques, le chœur de la Collégiale Notre-Dame cache un trésor inestimable : une suite de tapisseries de la fin du XVe siècle. Reçue par la collégiale vers 1500, cette commande prestigieuse aurait été offerte par le chanoine Hugues Le Coq.

Véritable tableau vivant de la société médiévale, cet ensemble se compose de cinq tentures impressionnantes, mesurant chacune 2 mètres de haut sur 6 mètres de long. Initialement destinées à orner le chœur des chanoines, ces œuvres ont été restaurées au fil des siècles, notamment par les Sœurs des Hospices de Beaune.

Le cycle iconographique, intitulé La Vie de la Vierge, retrace les grandes scènes mariales : il débute par la naissance de Marie et s’achève par son couronnement, tout en intégrant plusieurs scènes de la vie du Christ.

Au-delà du récit sacré, ces tissages mettent en valeur les costumes, les visages et les techniques artisanales de l’époque.

Le quartier canonial : Un village dans la ville

Autour de la Collégiale Notre-Dame s’étend le quartier canonial, un ensemble architectural rare que peu de villes ont conservé aussi intact.

Le cœur battant de la vie religieuse

Imaginez une petite ville dans la ville. C’est ici, au sein de l’ancien castrum de Beaune, que vivaient autrefois les chanoines. Ce quartier, jadis clos, a gardé tout son charme : maisons à pans de bois et cours intérieures pavées. S’y promener, c’est littéralement marcher dans les pas des érudits du XIVe siècle.

Le charme des maisons du Moyen-Âge

Maisons à pans de bois et romanes

Si vous flânez dans le centre historique de Beaune, n’oubliez pas de lever les yeux. Il recèle de précieux témoignages du Moyen Âge, dont des maisons de l’époque romane et des maisons à pans de bois.

Pour les admirer, rendez-vous au croisement de la rue Millot et de la rue Poterne ou encore à l’angle de la rue Thiers et de la rue d’Alsace.

Vous y découvrirez également rue Rousseau-Deslandes, une magnfique maison romane.

Le saviez-vous ?

Les maisons à pans de bois possèdent une structure ingénieuse ! Ces maisons possèdent un rez-de-chaussée en pierre pour abriter les échoppes et protéger les étages de l’humidité. Au-dessus, l’ossature en bois est remplie de torchis, un mélange de terre et de paille aux vertus isolantes.

La fin d’une époque : Bien que très esthétiques, les constructions à pans de bois ont été interdites aux XVIIe et XVIIIe siècles afin de limiter la propagation des incendies en ville.

Les quatres Grands Ducs et le destin de la Bourgogne

On ne peut parler de l’histoire de la Bourgogne sans mentionner les quatres ducs de la maison de Valois. Ce sont eux qui ont fait de Beaune une capitale de renom :

  • Philippe le Hardi (1342-1404) : Le fils du roi de France qui reçoit le duché de Bourgogne en 1363. Il pose les jalons d’un État puissant.
  • Jean sans Peur (1371 -1419): Le duc guerrier. Il s’implique dans les querelles à Paris et étend l’influence bourguignonne par la force.
  • Philippe le Bon (1396 -1467) : Le duc bâtisseur et diplomate. C’est sous son règne que Beaune brille le plus. Il fonde l’ordre de la Toison d’Or et fait de sa cour la plus raffinée d’Europe.
  • Charles le Téméraire (1433 -1477) : Le dernier duc, marquant la fin de l’indépendance ducale. Son ambition de créer un royaume indépendant entre la France et l’Empire le mena à sa perte.

L’histoire continue, après sa mort en 1477, Charles le Téméraire laisse sa fille, Marie de Bourgogne, seule pour conserver ses terres face au roi de France Louis XI. La cité de Beaune garde toujours ses privilèges et son caractère, malgré son rattachement à la couronne.

L’histoire de Bourgogne fascine (encore) le monde

Beaune a su préserver son héritage à travers ses monuments, mais aussi par sa gastronomie et sa culture. Cette culture de l’excellence et de l’art de vivre bourguignon continue, aujourd’hui encore, de séduire les voyageurs du monde entier.

Un patrimoine de pierre préservé par miracle

Si vous êtes amateur d’architecture médiévale, vous remarquerez que Beaune a conservé l’intégralité de son enceinte. Là où de nombreuses cités ont abattu leurs murs au XIXe siècle pour s’agrandir, Beaune a fait le choix de les protéger.

Sur un parcours de 2,5 kilomètres, le tour des remparts vous invite à découvrir la structure défensive de la ville. Ce sont ces tours et ces bastions qui ont protégé la cité des assauts ennemis, permettant ainsi de sauvegarder les maisons romanes et les hôtels particuliers de la Renaissance qui font le charme de Beaune aujourd’hui.

Entre passé ducal et présent vivant

L’engagement de l’Hôtel Dieu des Hospices de Beaune se poursuit également à travers les siècles. Grâce à la célèbre Vente des Vins, cette tradition pluriséculaire assure la pérennité de l’institution et maintient un lien direct entre l’époque des Ducs de Bourgogne et notre présent.

En venant à Beaune, vous n’êtes pas un simple visiteur : vous devenez le témoin privilégié d’un joyau historique vivant.