Fondation hospitalière du moyen âge, les Hospices de Beaune sont un des monuments historiques français les plus prestigieux. Son architecture gothique flamboyante, ses toits polychromes et un vignoble de renom font de ce musée un joyau de la Bourgogne. Les Hospices de Beaune sont également célèbres leur domaine viticole exceptionnel, comptant 85% de premiers crus et grands crus, qui sont vendus aux enchères le troisième dimanche de novembre.

Hospices de Beaune : un Palais pour les pauvres

Lorsqu’en 1443, le Chancelier Nicolas Rolin fonde l'Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune), Beaune sort de la guerre de 100 ans, d’une période de troubles et de peste qui a décimé les campagnes. C’est donc pour les pauvres et les plus démunis que s’élève ce chef d’œuvre inspiré par les Hôtels-Dieu les plus remarquables des Flandres, de Paris. Derrière les austères toits d’ardoise de la façade se trouvent l’éblouissante cour d’honneur, les magnifiques toits de tuiles vernissées et leurs lucarnes aériennes. Tout autour de la cour, l’organisation harmonieuse des bâtiments règle la vie de l’institution charitable : sous les voutes en carène de vaisseau de la salle des Pauvres, on accueille les malades, dans la cuisine aux vastes cheminées gothiques, on prépare les repas alors que l’apothicairerie, avec son mortier et ses pots de faïence, est le domaine réservé de la sœur pharmacienne. 

Hospices de Beaune : une fondation pour l’éternité

Nicolas Rolin a mis à profit sa vaste connaissance des institutions hospitalières pour faire de son Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune) un établissement capable de franchir les siècles. En bon négociateur, il l’a placé sous l’autorité spirituelle du Saint-Siège et l'a affranchi de toute redevance. Et en bon gestionnaire, il l’a doté de vignes, de fermes et de bois. Mais la recherche de la perfection architecturale, la beauté des objets et le polyptyque du Jugement Dernier commandé à Rogier Van der Weyden, l’un des grands maitres de la peinture flamande, c’est au chrétien et au mécène qu’on le doit. Nicolas Rolin a fait de son Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune) une œuvre et un acte de foi pour l’éternité.

Hospices de Beaune : l’hôpital Vigneron

En 1457, Guillemette Levernier fait le tout premier don de vignes aux Hospices de Beaune et cette tradition se poursuivra durant cinq siècles. Aujourd’hui, le domaine viticole avoisine les 60 hectares dont 50 sont consacrés au Pinot noir et le reste au Chardonnay. Confié à 22 vignerons triés sur le volet par le régisseur, ce domaine viticole exceptionnel compte 85% de premiers crus et grands crus qui sont vendus aux enchères le troisième dimanche de novembre. Cette vente, organisée aujourd’hui par la maison Christie’s, est la plus célèbre vente de charité vinicole dans le monde. Le produit de la vente est consacré à l’amélioration des équipements de soins de l’hôpital et à la conservation de l’Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune).

La Grande Vadrouille de l’Hôtel-Dieu

En 1966, Gérard Oury tourne le film « La Grande Vadrouille » au cœur même de l’Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune). Les scènes cultes avec Bourvil et Louis de Funès se succèdent dans la cour d’honneur, la grande salle des Pauvres, alors qu’un pilote de la Royal Air Force, le fameux Big Moustache est « extrait » in extremis de l’hôpital, bouteille à la main ! Ce film, le plus grand succès du cinéma français au XXème siècle, continue d’assurer plus de 60 ans après, la renommée de l’Hôtel-Dieu (Hospices de Beaune).